Mardi 13 février, nous lançons le départ pour le Costa Rica où nous attendent des amis communs avec Fakarever.
Départ de Hatchet avec un gros temps, 40 nœuds au compteur. Au moment de partir, je fais tomber une canette de bière du Capitaine sur mon orteil … sur l’échelle de la douleur de 1 à 10, j’étais à 20!
Malheureusement une avarie sur le groupe électrogène de Fakarever nous stoppe, nous remontons par la passe sud jusqu’à San Pedro pour essayer de trouver la pièce manquante qui arrivera le surlendemain matin.
Encore frais
Jeudi, vrai départ cette fois, nous décidons de passer de notre côté par la passe sud (soit faire le chemin inverse ), rallongeant d’au moins 40 milles le trajet pendant que Fakarever tentera la passe nord avec brio .
Et là commence ce qui ressemble à une transat en pire, je m’explique… nous faisons du près serré, très inconfortable et très dur à tenir pour un cata qui ne sait faire que des bords carrés, là où une transat se fait plutôt au portant, et contre une houle nous donnant l’impression d’être dans une essoreuse.
En plus, nos amis nous attendent pour le 26 février et notre gps nous prévoit une arrivée pour début mars…angoisse . Je leur envoie un mail iridium en leur indiquant que la nav est « laborieuse » (ce sens de la litote…) et leur suggère d’aller sur le site des amis pour suivre notre route en live… manière homéopathique de les préparer au pire .
Plus tard, ma mauvaise foi et moi même ferons amendes honorables auprès du Capitaine qui a opté pour la stratégie du « on essaie de remonter un max au vent » contre la théorie : on tire de longs bords, au moins on a le sentiment d’avancer, et cela nous a permis de rattraper le retard pris au départ.
Le temps va commencer à sérieusement forcir ensuite, on ne comptera plus les cafés renversés, les contenus de placard qui se déversent à chaque ouverture, les bruits infernaux des vagues qui claquent… pas besoin d’aller faire des montagnes russes au retour, les enfants ont eu leur dose. Nous sommes passés à 20 nœuds de vent en moyenne, avec beaucoup de grains dont certains sont montés à 50 nœuds (force 10)… quand on sait qu’on est sous évalués…même plus peur, on s’ennuie à 20 noeuds là où avant on était en mode suricate!! On s’adapte vite finalement .
Bref, compliqué à gérer avec des nuits forcément hachurées en raison des quarts, heureusement qu’on avait fait le plein de playlists, les grains qui nous sont tombés dessus étaient sans doute dus à nos cordes vocales complètement en roues libres!
Assurer l’école au petit matin était rocambolesque, on avait en plus mis la pression pour qu’ils s’avancent bien dans leurs devoirs, histoire d’avoir quelques jours de vacances avec les copains à l’arrivée …des survivors!! Grâce à cette nav, nous saurons maintenant l’importance capitale et stratégique des repas, nos enfants finiront fin gourmets à ce rythme et prêts pour top chef!
Les pipi, les pipi, les pirates….
Au large du Nicaragua et Honduras , on prend nos précautions pour éviter les attaques de pirates qui opèrent de plus en plus au large. Mercredi soir, on met le bateau en mode nocturne, plus de lumières, tout ce qui peut attirer l’œil est planqué et nous… on attend en serrant le fessier. Évidemment nuit sans lune, nous naviguons sans feux et sans AIS… pas intérêt à croiser quoi que ce soit.
Je passe mes quarts à scruter mon bâbord toute la nuit pour m’apercevoir que c’était sur tribord le danger… je viens bien de Vénus !
Lors de son quart Capitaine viendra me réveiller (c’est bien la première fois), deux bateaux suspects à notre bâbord pour le coup . On planque l’iridium , scrutons à la jumelle , ça ressemble à des bateaux de pêche nocturne… on passe entre les bateaux et la côte qui est à plus de 100 mn et on prie pour qu’ils ne nous voient pas au radar . Il y a beaucoup de houle et grains sur grains, cela nous aide à être « invisibles ». En effet, les pêcheurs dans le coin ont une face « pirates » à leurs heures perdues …
Au petit jour, au moment du petit dej, arriva ce qui devait arriver… un bateau de pêche fonce directement vers nous … branle bas de combat, les enfants sont confinés dans leur cabine, nous re-planquons ce qui peut l’être , sortons les cigares qu’on nous avait donnés à Cuba, ainsi qu’un vieux téléphone pour faire leurre.
Le bateau de pêche approche de plus en plus, nous sommes avec le Capitaine au poste de pilotage (en train de faire le point sur notre existence , voire faire nos adieux déchirants). Le bateau pile à 50 mètres du nôtre et en scrutant (l’air de rien bien sûr )la mer, nous nous rendons compte qu’autour de nous il doit y avoir au moins 20 mini pirogues avec dedans deux hommes dont 1 qui rame contre la houle et l’autre qui écope …l’état de la mer avec des creux de 3 à 4 mètres et le stress nous ont complètement aveuglés . C’est absolument incroyable de voir ces mini canoës en plein océan à plus de 100 milles des côtes, faut le voir pour le croire . Là ça passe ou ça casse, nous sommes encerclés et c’est très dangereux, nous risquons de foncer dans une barque et pas franchement envie de faire des exercices d’hommes à la mer.
En regardant bien vous verrez des petits hommes dans des petites barques…
Par réflexe pavlovien nous leur faisons un salut timide (la politesse en toutes circonstances…), hilares, ils nous saluent également et nous font des grands signes. J’en profite pour ressortir le téléphone de sa planque et essayer de les prendre en photo, sinon personne ne nous croira.
Deux autres bateaux de pêcheurs les rejoignent… ça sent la fin des haricots… finalement on sent qu’on les a pris par surprise alors qu’ils étaient en train de poser d’immenses filets de pêche et il semblerait que nous soyons passés en plein milieu…pas le temps d’aller détrousser les touristes.
On fait attention à ne pas se prendre les pieds dans le filet (ça nous connaît ) et continuons comme si de rien n’était et slalomons entre les mini barques.
On a eu chaud et après coup nous rendons compte qu’on aurait pu le payer cher, les dernières attaques étaient faites par des pêcheurs non loin de là.
Après … la politesse nous a peut être aidés?? Les enfants nous avoueront que triple A avait ouvert son hublot et faisait des grands coucous… le brief sera à améliorer .
La journée de jeudi se passe bien, mes 20 ans « n’étant plus depuis longtemps , Madame », les siestes sont devenues incontournables, j’attends la fin du cned avec une impatience rendant ma part de patience encore plus congrue …
Le soir, nous refaisons la même opération feux éteints, ici deux dangers: les pirates toujours et les bateaux go fast qui trafiquent entre providencia et la côte … quand on aime,… on se fera encore des frayeurs mais rien de comparable au petit matin de la veille.
Samedi, pétole… limite on a du mal à s’y faire après ces derniers jours. On en profite pour dormir , enfin moi surtout…
Dimanche nous sommes enfin au large du Costa Rica, obligés de faire des ronds dans l’eau et attendre le lendemain pour arriver de jour., quoi de plus rageant?
Après un faux départ, nous aurons la « chance » de faire une fausse arrivée, le village prévu du rendez-vous est impraticable , des rouleaux de vagues l’entourent, pas de pontons pour accoster et un voilier échoué sur la plage.
Nous irons nous poser sur une plage plus à l’abri de la houle à côté et enfin dormir!! Demain, arrivent les amis, nous ne tenons plus les enfants!
Conclusion : on se sent maintenant vraiment amarinés, tenir les quarts à deux c’est jouable mais pour le Pacifique et le quota de sommeil de chacun , les deux beaux-frères seront précieux !
Nous arrivons au Belize après deux nuits de nav, dont la dernière à faire des ronds dans l’eau pour passer le temps, une passe d’entrée à travers la barrière de corail est difficile à… passer, obligation de la faire de jour.
Aux premières lueurs, nous nous retrouvons avec Fakarever et un autre voilier , Scratch. Nous nous lançons les premiers … la peur au ventre il faut bien le dire… nous sommes entourés de cailles, bonne houle et visibilité pas si bonne à cause des nuages . Nous sommes sensés avoir en point de repère une Maison Blanche avec des arches, le guide ayant plusieurs décennies, il y a eu d’autres constructions entre temps depuis croyez-en nos yeux fatigués !Heureusement une bouée jaune inespérée et non indiquée nous permet de négocier le bon cap… ouf!
Le temps de faire les formalités … c’est à dire une large demi-journée à traverser l’île de long en large et la tentative de faire un plein… nous découvrons avec horreur que les prix sont doublés par rapport au Mexique…et tous les supermarchés tenus par des chinois… contraste garanti !
Bon, cela m’a permis de trouver enfin des nouilles de riz et pouvoir assouvir mes envies de pad thaï !
Tout est prêt pour accueillir la sœur du Capitaine ainsi que son marin de mari et les trois petits loups de mer venus du Mexique pour le we.
Nous naviguons sur Caye Caulker et Chapel Cay. La malédiction familiale a encore frappé , ils sont arrivés sous des trombes d’eau…et la météo prévoyait orages et pluies pour 10 jours….
Heureusement dimanche fut magique, le soleil pointa son nez et surtout les dauphins nous ont réservé un accueil digne des plus grands! Les filles sont parties en paddle les rencontrer, ils dansaient autour … inoubliable.
Pendant que les plus jeunes profitaient de tours en bouée tractée, une annexe de grands enfants a été dépêchée pour un snorkling fabuleux également… si ce n’est qu’au retour j’oubliai de remonter l’ancre…. déjà qu’on se sentait poussifs…
Danse avec les dauphinsEntre petits derniers, on se comprendMexicains au BelizeAdopté!Bande de chauffards!C’était chouette les cousins
Bon, lundi fut gris et orageux tout comme les quelques jours qui ont suivi sur San Pedro. Nous avons raccompagné les cousins …sous la pluie évidemment…mais avec la perspective d’avoir un équipier de choc pour le Pacifique …Joie!
Après quelques haltes dans des îles paradisiaques privées ou occupées par un ou deux hôtels de luxe, nous arrivons sur Half Moon bay , à proximité du fameux Blue Hole. Décision est prise d’aller voir le trou en annexe, petite expédition d’environ 1 h de tape-cul, impression d’être en 4L sur la route des gardes à Meudon (c’est du vécu)… pour arriver au fameux endroit, difficile à repérer par temps nuageux et sans un bateau à l’horizon ! Le trou fut trouvé, impressionnant même sans plonger dedans (où se cachent des galeries), mais comme dirait Numerobis , ce n’est qu’un trou après tout… le snorkling autour est très joli.
Retour à Half Moon, endroit paradisiaque dans lequel nous irons nous promener dimanche et observer les refuges d’oiseaux . Passage par les rangers et délestage de 80$…pas fous les gars…les enfants en profitent pour récupérer plein de noix de Coco et des coques vides pour faire de jolis bols…
Les enfants jouent pendant que les parents sirotent…Blue Hole in situPour se faire une idée de la barrière de corail et des fameuses passesBlue boy dans le blue Holesi c’est pas mimi…
Ces derniers jours furent l’occasion pour triple A d’être invité à domir chez Fakarever (il se faisait un poil insistant … de la suite dans ses idées mine de rien ). La joie pleine et totale pour lui, après des promesses de bien faire pipi avant de se coucher (« et même quand j’en ai envie? » ose-t-il demander) , nous le laissons avec grand plaisir prendre son envol !
Nous laissons Fakarever profiter un peu plus du spot et allons de notre côté sur Turnreefe. Évidemment le balisage indiqué sur la carte a disparu… l’endroit est chaud bouillant , nous serrons les fessiers! On entend à la VHF « 6gone, 6gone,6gone..This is scratch…you are 100 mtrs too far on your starboard »…gloups….heureusement qu’on avait révisé notre anglais un soir lors d’un apéro me donnant l’occasion d’expliquer crânement l’origine du mot POSH (snob) en anglais, explication un peu confusante à mesure que les ti punch s’enchaînent !
Une barcasse est venue à notre secours et nous a guidés à travers les têtes de corail, nous faisant prendre des routes passant sur notre carte sur des reefs …faut avoir la Foi!
Départ lundi pour South Cay, sur le trajet nous négocions la part de travail avec Triple A qui nous réclame de « maquiller » ses bols de coco… pardon « vernir « …la Girlitude de sa sœur renforcée par la petite cousine a déteint!!
To be continued…
Des dauphins!Mon petit doigt me dit qu’il va bientot pleuvoir…Les Dalton liment …
Histoire d’en rajouter pendant que certains pataugent….
Nous quittons donc Cuba et retrouvons officiellement le drone et le téléphone satellite qui étaient sous scellés à la cubaine (en gros dans un sac poubelle que nous leur avions fourni, scotché sur le haut..). Maintenant nous pouvons l’avouer, un petit trou fortuit s’était formé au niveau de l’iridium et nous permettait de temps en temps de nous connecter, pour des besoins météo, bien entendu .
Nous traversons le fameux canal du Yucatan. Grâce à nos experts meteo, la nav se passe bien, une journée, une nuit. Pendant un de mes quart et sans doute mal réveillée , j’appelle Captain Faka pour avoir des conseils car j’ai la nette impression qu’on n’avance pas. Réponse laconique : »t’as quoi dans les voiles ? »… euh …du vent pourquoi ?? Je cherche désespérément une réponse …pas trop stupide de préférence mais je sèche . En désespoir de cause, je fais ma RH: »tu entends par quoi précisément quand tu dis: t’as quoi dans tes voiles ??? »
« Ben, c’est simple , quelles voiles avec quelle longueur… »
« Ah…. »(suffisait de le dire, plus ça va plus je blondis (roussis corrigent les lutins)!).
Nous arrivons donc sur la Isla Mujeres (des petites dames quoi). Le choc civilisationnel que nous prenons… des barres d’immeubles, des days-charters remplis de touristes musique à fond, des énormes paquebots mais surtout notre ami Chedraoui, le carouf local dans lequel nous allons passer des après-midi à combler nos placards et nos estomacs ainsi que nos lits (achats de couettes les plus moches au monde). Nous notons également que le mexicain ne fait pas vraiment peine à voir, c’est la version tassée du cubain!
Bien entendu, il faut passer par la case formalités, dans la marina voisine, un type propose pour 75 dollars de s’en charger .
Nos capitaines y passeront des matinées entières (vous avez ainsi compris la répartition des rôles et de la charge mentale de chacun ), ce que la marina n’avait pas précisé , c’était le fait de laisser l’annexe le temps de faire les courses nous coûterait 10 dol par tête …ça ressemble un peu à du foutage de gueu…
La tête de ces messieurs quand ils ont réalisé qu’il faudra accomplir le moment venu les formalités de sortie, le Mexique n’étant pas spécialement ouvert ni équipé d’un point de vue maritime….
Nous visons ensuite l’île de Cozumel, elle aussi haut lieu de tourisme de masse . Une marina étant indiquée nous tachons de la viser (après une nav de nuit) , l’entrée est un mouchoir , deux bateaux ne passent pas ensemble et personne ne répond à la VHF… nous poireautons devant l’entrée pendant une petite heure, perplexes et ne sachant pas trop comment négocier l’entrée qui en plus est en tête d’épingle, aucune visibilité sur ce qui nous attend. Un contact se fait à la VHF, avec un mexicain ne parlant pas un mot d’anglais, nous comprenons que nous pouvons entrer…hardi les gars!
Finalement, la marina est toute neuve, limite pas encore terminée , nous avons deux grandes places , les enfants sont ravis, il y a un grand terrain à côté pour jouer.
Cozumel étant réputée pour ses spots de plongée et de snorkelling, nous décidons d’aller faire un petit tour en annexe, effectivement,c’est très chouette et accessoirement quel bonheur de pouvoir se baigner !
La nuit dans la marina étant très chère pour un service pour le moins limité (100 dol.), nous repartons face au port de ferry où nous avions repéré des bateaux qui y mouillaient. Le soir venu, nous nous sommes retrouvés avec pour très proches voisins les navettes qui faisaient leur rotation continent/île toute la journée … moyen moyen …
Le lendemain , nous prenons le pari d’aller sur la pointe nord et mouiller sur un spot indique par un Français . Bien nous en a pris, pas un seul bateau à l’horizon ou presque, cela fait du bien .
Dernière étape mexicaine à Tulum, départ mercredi à 5:30…pour une arrivée à 14:00. L’idée étant de visiter rapidement le site et les temples Maya dans l’après-midi et repartir le soir pour profiter d’une fenêtre météo favorable pour la prochaine étape, le Belize. On a beau être en vacances, il nous reste quelques contraintes !
Tulum est en soi un challenge, nous ne pouvons compter que sur des relevés GPS indiqués par un blog d’une famille et nous fier à notre vue.
Défi relevé , en revanche le mouillage ne tient pas, ces messieurs resteront sur les bateaux pendant l’étape culturelle et pédagogique du voyage .
Nous débarquons de l’annexe de Faka tout mouillés, les rouleaux de vague rendent la manœuvre super chaotique voire un peu dangereuse. La plage est également bondée de touristes et après 20′ de marche nous avons le plaisir d’arriver enfin sur le site du temple Maya . Ce dernier valait vraiment le détour, même mené au pas de course car nous devons repartir assez vite et surtout avant la fin du jour. D’un autre côté, les enfants étant trempés….pas super inspirant pour aller faire des dévotions au dieux Mayas. Notons le désespoir de Triple A ayant failli dans sa mission de retrouver Esteban, Tao et Zia…peut être au Belize??
Suite au départ des beaux-parents, sous une pluie torrentielle et après 1 semaine de temps franchement frais (je leur avait dit de prendre le minimum en terme de pulls et autres , ma crédibilité en a pris un coup…), nous délaissons avec plaisir nos pantalons et manches longues et filons à l’ouest pour Cayo del Rosario. Sur la nav, nous pêchons un barracuda avec des dents biens pointues . Nous sommes restés très perplexes par rapport à la ciguatera… on le mange ou on le rejette? Après concertation avec Fakarever, nous le gardons (et leur proposons directement de partager avec eux un tartare du bestiau à l’apéritif,, nous avons le sens du partage!). Soyons honnêtes , nous avons passé la nuit à nous demander si nous nous grattions à cause des moustiques ou si nous étions atteints ! Seuls les adultes ont testé). Greatwine et GG me préviennent qu’à part la dorade, ils ne goûteront rien d’autre…
En arrivant à Rosario, nous croisons un vieux rafiot de pêcheurs qui nous proposent des langoustes en échange de bières ou de rhum…le Capitaine sacrifie 6 Heineken et une fiole de rhum et nous voici avec 8 langoustes!
Jeudi 11, nous partons en annexe sur l’ile « sanctuaire de singes »… qui apparemment ont déserté l’endroit. Nous empruntons ce qui ressemble à un pauvre chemin et nous esquintons les tongs sur un lit de pierres volcaniques aiguës et tranchantes. Et comme d’habitudes, nous sommes le déjeuner de petits habitants, qui malgré leur taille ont un potentiel de nuisance certain. Au bout du chemin un panneau en espagnol nous indique « »zona de descanso » … aucune idée de ce que cela peut bien signifier malgré mon espagnol 2ème langue (dans lequel je plafonnais glorieusement à 6 de moyenne jusqu’au bac où un miraculeux 11 m’a suffi comme preuve de l’existence de Dieu). Nous rebroussâmes chemin et repartîmes un peu déconfits par cette petite balade (vous noterez qu’en CM2 on attaque le passé simple…), les nonos en revanche, …
Au retour, amélioration nette de notre potentiel de négociation avec un autre bateau de pêche local, 6 bières contre 10 grosses langoustes ! Le Capitaine commence à se dire qu’il va falloir passer à un autre moyen de négo et le congel déborde …
Nous partons en route vers la Juventud… et comme la nature est bien faite, nous pêchons une jolie petite dorade coryphene de 1,5 kgs, nos deux loustics ont leur déjeuner du lendemain! A défaut de produits frais, on a de quoi alimenter un étal de poissonnerie!
Finalement, nous ne nous arrêterons pas à la Juventud, nous irons directement à los Moros, un coup de vent est prévu. L’endroit est le premier endroit international pour les bateaux pour effectuer les formalités, complètement à l’ouest de Cuba…nous étions en tout 3 bateaux … le trou perdu !!
Seuls quelques pêcheurs en barque nous aident à nous ancrer dans un abri à cyclone au sein d’une mangrove. Contre quelques tee-shirts et un fond de rhum, nous continuons notre stock de langoustes.
Le lendemain, journée jeux de société, montage des legos et autres en attendant que le coup de vent passe. Dans l’après-midi, lasse d’être le trou du …., pardon troubadour de la famille au jeu de cartes président, expédition chasse aux crocodiles dans la mangrove, au retour, visite de la cahute des pêcheurs … grande pauvreté (malgré le poste de tv qui fascine triple A). Ils ont beau ne rien avoir, ils vont trouver le moyen de nous offrir des petites bananes (Joie de tous, nous n’en n’avions pas vu depuis longtemps!).
Leur générosité nous touche et à cette occasion, ils nous offrent une belle leçon de vie à tous. C’est sur cette dernière que nous quittons Cuba, prochaine étape le Mexique.
Où sont les langoustes, m’sieur?la cabane au fond du jardin….!Descanso….no comprendo!Il est frais mon poisson!Vive la dorade!pas besoin de chercher des singes bien loin, en plus ils hissent la grand’voile
Mercredi 27 décembre, nous avons vécu une journée forte organisée pour l’AED par Oscar.
Nous commençons par l’église Claret qui a été entièrement rénovée suite au passage de l’ouragan Sandy qui avait tout dévasté .
À notre arrivée , des jeunes paroissiens nous présentent un spectacle qui sera rejoué lors de la fête de la sainte famille le 31. Nous ne comprenons pas tout mais les enfants sont au taquet (et heureusement silencieux grâce à la glace au chocolat offerte !).
C’est aussi l’occasion de transmettre d’autres fournitures. Nous n’avons pas pu réceptionner les petites bibles à temps, ce n’est que partie remise.
Ensuite, direction Cobre et visite du sanctuaire dédié à la vierge Marie. C’est un haut lieu de pèlerinage et d’unité entre les cubains. Nous sentons les enfants fortement impressionnés et sensibles par la ferveur religieuse.
Un déjeuner nous attend dans la maison papale du séminaire jouxtant le sanctuaire, les papes François et Benoit XVI y ont séjourné , nous avons même pu voir leur chambre et accessoirement utiliser leur toilettes! Là aussi, nous n’en menions pas large et étions très émus de cet accueil .
Le repas fut hautement apprécié par ces fines bouches ravies de pouvoir (enfin)manger des frites !!
Cette journée restera gravée et l’accueil et la simplicité d’Oscar nous ont beaucoup touchés. Encore merci!
Dejeuner de rois dans la salle à manger papaleavec le pèretravail de l’espagnol…devant la crèche
l’Eglise aujourd’huiaprès Sandy
repos dans le séminaire des guerriersdepart au petit matinCobre
Nous arrivons sur Santiago de Cuba le 25 décembre au petit matin , l’accueil est plutôt chaleureux .
Le médecin monte à bord, prend notre température et nous autorise à débarquer . Nous passons au bureau des gardes côtes , 2:00 pour éplucher nos passeports , nos destinations, le contenu exhaustif de notre frigo et de nos placards, le nombre de téléphones, pc,… limite on est prêts à leur donner le nombre de caleçons à bord ! Notre téléphone satellite et le drone sont scellés …. zut!
Le lendemain, nous partons explorer l’île en face avec une famille suisse rencontrée sur la marina. L’île est jolie, à notre arrivée un gars s’impose comme étant notre guide attitré , ok… son père tient le restaurant du coin, sa tante est la directrice de l’école, la grand mère fleurit l’église (saint Raphaël, qui serait le patron local de nos amis pêcheurs !!).
Nous avons l’opportunité de donner des fournitures scolaires grâce à l’ami Jef qui nous en a envoyé 4 cartons .
Les besoins primaires sont criants, nous touchons la pauvreté de près, cependant la « dignidad » cubaine n’est pas un vain mot.
Étant à sec de gaz, nous partons en recherche d’un moyen de remplir nos bouteilles. On nous recommande Pedro qui habite dans une maison verte (plutôt un amas de tôle façon bidonville). Il est ok pour remplir (au noir car c’est interdit à Cuba de vendre du gaz…)nos bouteilles, nous devons préalablement lui donner 20 dollars pour qu’il puisse racheter des tickets de rationnement à des copains puis transvaser le gaz dans nos bouteilles avec des embouts de fortune….j’assiste au remplissage médusée et un peu inquiète mais l’opération se passe finalement sans problème malgré le grand pshiiiiiit final qui m’a fait sursauter.
Nous repartons assez vite le 28 décembre, les parents du Capitaine arrivent le 30 , nous avons rendez-vous à Cienfuegos à plus de 300 milles à la Marina et aucun moyen de communication.
Après 3 jours de navigation serrés, passés entre autre à nettoyer le pont couvert de particules crachés par les cheminées de Santiago , nous nous entendons dire en arrivant que nous ne pouvons pas rester, il n’y a plus de places au ponton et il est désormais interdit de mouiller autour de la Marina, contrairement à ce qui est mentionné dans les guides . C’est très gênant vu qu’on ne sait même pas où sont les beaux-parents et la belle sœur avec ses trois enfants.
Finalement , dans leur grande mansuétude, nous sommes autorisés à rester. On ne sait pas si c’est une bonne idée quand on voit la violence du clapot et les haussières bien tendues…
Toute la famille du Capitaine finit par nous retrouver, ouf!!! Nous devons faire patienter les enfants jusqu’au 31 au soir pour ouvrir les cadeaux rapportes par valises entières …on n’en n’a jamais vu autant , merci à tous de les avoir autant gâtés , c’était super.
Dans les valises également , 15 kilos de petites bibles que nous aurons l’occasion de donner lors de prochaines escales hispanophones … nous avons eu un peu peur des douanes mais tout s’est bien passé.
Le 1er janvier, départ pour la Trinidad a 1h20 de voiture. Nous réservons deux voitures et au petit matin 2 magnifiques Lada d’au moins 50 ans, toutes petites et toutes défoncées arrivent … la belle famille tiendra à 8(oui, vous lisez bien) et nous à 7 dedans (grand luxe quoi !). Épique, nous pensons que le pot d’échappement évacue directement dans l’habitacle, ça valait bien la peine de partir de Paris , on s’est fait un shoot d’un an de pollution en 1h. En revanche,notre chauffeur avait un système avec 5 enceintes qui pulsait bien, en plus d’avoir les poumons cramés, nous avions les oreilles qui saignaient!
La belle sœur est partie le 2 janvier , pour la plus grande peine de GG qui ne lâchait pas le petit cousin de 6 mois, en tout cas tous mes respects pour avoir fait en 4 jours Mexique/Havane/Cienfuegos/Trinidad et inversement avec trois petits loups !
Nous partons pour Cayo Largo pour une nav d’un jour une nuit… la température fraîchit franchement , oui avons retrouvé les beaux-parents tout grelottant pendant leur quart au petit matin ! Nous n’avions pas d’ailleurs prévu pareille chute, ça fait tout bizarre maIs il semblerait que nous soyons solidairement impliqués par le courant froid venant de Floride. On passe du ti’punch au grog!
La mer n’est pas non plus très chaude, cela ne nous empêche pas de pêcher les plus belles langoustes de notre vie, dont un monstre de 3,8 kgs, pêché à l’aide de 2 harpons!
Dimanche dernier, nous avons bricolé de quoi faire 2 galettes des rois, 2 coquillages pour faire les fèves et vive les rois! (Et les dents du Capitaine de Faka!!)
Départ des beaux parents mardi 9, après beaucoup de tracas pour récupérer un billet pour La Havane, les cubains font tout sauf du simple, ils ont pu voir la galère des reprises CNED, en voulant balancer triple A en crise à l’eau, l’animal s’est tellement agrippé que je m’y suis retrouvée également…au temps pour ma dignidad !!
Nous amenons les beaux-parents à la Marina, forcément un énorme grain arrive, douche gratuite ….Bon retour en France et à très vite pour des vacances un peu plus « caliente » en Pacifique !
La République Dominicaine est nettement moins touchée par les cyclones, en revanche au niveau Internet, il n’y a rien de trop!
Un dimanche, nous décidons d’aller à Las Palmas dans un des nombreux resorts pour capter une antenne ou un relais. Nous laissons nos annexes à un ponton et vadrouillons dans le club . Les piscines et les restaurants font rêver les enfants, malheureusement nous n’avons pas les bracelets qu’il faut pour en profiter, les filles étaient pourtant prêtes à nous en fabriquer en urgence.
Nous finissons dans un resto miteux qui soit disant avait du wifi…mais en revanche qui avait une sono à fond sur les chants de Noël … on peut pas tout avoir !
Retour pour récupérer les annexes…. la notre a littéralement fait pshhhhhiiiiiiit….et shiiiiiiiiiit😢
Elle s’est pris un gros clou bien rouillé , la protection s’est déchirée et nous avons un beau trou. Fakarever propose de nous remorquer, seulement leur clé est restée coincée dans le cadenas…quand ça ne veut pas …
Lendemain petit tour au paradis en face de Saona.
Puis Bayahibe pour faire des courses , déception très touristique dans le mauvais sens du terme. Le soir on retourne à las Palmas.
Lendemain, on passe à la Marina qui n a plus de place pour prendre de l’essence .
Ils sont ok pour qu’on puisse rester , chouette le supermarché est international et le petit resto le soir est parfait !
Départ pour 24 h de nav pour atteindre Barahona et faire nos formalités de sortie à l’Ouest de la Rep Dom.
Pas d’autres bateaux dans le port, glauque…
Les autorités arrivent sur le bateau, réclament leur bière , nous font la grimace car elle est trop « caliente »….euh, comment traduire « 100 balles et un mars tant qu’on y est?? » appelons cela un pot de « bière »…
Quand ils nous demandent si on a un « gun » à bord , triple A se précipite pour aller chercher le sien et bien les viser !
Vendredi matin (22/12), départ pour le sud de la République dominicaine. Dilemme, allons nous faire une halte à Isla beata pour faire un plouf avant le départ pour Cuba et les 3 jours de nav prévus.
Le début de la navigation est laborieux, vent dans le dos, donc très instable . Le Capitaine veut avancer, on va finalement zapper la Isla (pas bonita, chacun ses références, en tout cas ça ne nous rajeunit pas).
Au large de cette dernière, on entend des bruits sourds à tribord au niveau du safran… étrange, nous virons, lançons le moteur (grosse erreur mais on a tous droit à nos moments de faiblesse)et à ce moment là une grosse bouée se dégage..
Pas très fiers, nous continuons la route.
On se remet de nos émotions quand Golden Girl nous dit: on traine des bouées !!!!
Mais qu’avons nous fait aux pêcheurs bon sang ??? Quel est leur saint patron? Nous sommes prêts à toutes les dévotions pour que cela cesse .
Grosse mais alors très grosse galère, 20 noeuds de vent, houle de 1,5 m. On ne le sent pas, j’ai le cœur qui bat la chamade au moment de plonger, le safran est pris et évidemment l’hélice tribord ….
Le Capitaine plonge à son tour et à force de plongeons réussit à nous sauver de cette galère , notre héros du jour!
Les trois grands ont été impeccables d’efficacité pendant la manœuvre et triple A tellement absorbé par peppa pig qu’il ne s’est rendu compte de rien !
Merci cochonnet !
En bref, on aura eu notre plouf….
Les journées passent, 3 jours , 3 nuits… le 24 au soir, nous improvisons un apéritif de fête en haut sur le roof. La mer gîte fortement, les blinis au foie gras (qui attend depuis 8 mois dans le fridge) se font la malle à notre grand malheur.
Nous redescendons dans le carré , tout valse entre deux coups de vents, le champagne aussi !
La nuit passe, vu que c’est la troisieme, nous commençons à fatiguer, les yeux se ferment dangereusement .
Au petit matin , le père Noël a pris sur lui et a pu livrer à temps ses colis pour la plus grande joie des moussaillons qui ont été bien gâtés, un grand merci pour eux !!
Parasailor sortiLever du soleil… avant une journée de navettesfemmes pêcheusessous le barnum, les autorités des BVIBalthazar arrive…Isla de la Muertedevant l’aéroport (désert) de Culebra
il parait que Noël approchedépart de St Barth
Bien gratinées s’il vous plaît ….
Tout avait pourtant bien commencé , et oui, oh joie, la pièce manquante du winch est enfin arrivée de St Matin par la navette volante. Dès mardi matin (5 décembre ) elle est installée et après quelques heures de travail de finition, nous quittons St Barth et nos copains d’Artemis vers 17:00. Départ un peu loupé par notre bout de garde qui se coince dans la bouée mais heureusement Fabrina a réussi à nous dégager en un coup d’annexe , encore merci !
Nous avons en tête d’arriver aux USVI au petit matin mercredi, n’ayant pas besoin de faire la navette BVI-USVI pour établir le visa l’ayant déjà fait quelques mois avant.
Gros coup de cafard de GG en quittant St Barth, les amies lui manquent déjà, ainsi que les séances de coiffure, et autres girly affaires auxquelles ma contribution est des plus pauvres si ce n’est navrante.
Nous arrivons à St John, nous nous posons à Cruz Bay pour faire la clearance . Malheureusement le port est dévasté , ce qui fut le poste de douanes n’est plus qu’un amas de tôles … nous n’avons plus qu’à repartir après avoir pu faire le plein d’essence néanmoins dans un dock un peu douteux mais ayant le mérite d’exister .
On nous envoie sur un autre port à deux heures de nav, et vogue la galère …
Nous y arrivons , GG refuse de venir, elle en a marre et nous propose de déclarer que le bateau s’appelle 5gone histoire de l’oublier…. on lui rappelle que le président américain a beau être le meilleur ami de Mickey, pour le reste il n’est pas du genre à plaisanter ….
Le temps de poser l’ancre, sortir l’annexe et marcher environ 1,5 km nous arrivons enfin au poste de douanes qui, exceptionnellement ferme à 16:00 et non 17:00 comme indiqué sur le guide et forcément il est …16:05… mmm la scoumoune continue .
Le lendemain, nous passons vers 8:30 faire notre devoir et croisons nos amis de Fakarever en train de faire leur journée navette, amusant de se retrouver à faire les papiers ensemble, nettement moins (amusant) quand la douanière nous annonce que nos visas sont expirés et que nous ne pouvons entrer sur le territoire américain et que la seule solution consiste à aller aux BVI pour faire également la navette le lendemain…. plus déconfits que nous à ce moment là vous n’imaginez même pas , sachant que le programme est plus que serré, nous allons devoir survoler (façon de parler avec nos bolides à 8km/h) Porto Rico .
Nous repartons vers les BVI , 4h de nav contre la houle…. et faisons notre entrée dans les BVI et passons la douane sous un barnum, le bâtiment officiel n’étant plus …
Vendredi, lever 5:30 pour pouvoir attraper la fameuse navette de 7:00, sachant que nous n’avions pas réussi à repérer l’endroit du départ , tout étant chamboulé au niveau des infrastructures ou en tout cas ce qu’il en reste.
Nous débarquons tous les 6, nous tâchons de caler notre annexe sur un dock à peine flottant et arrivons enfin à acheter ces fameux billets. 325$pour avoir le plaisir de faire un aller retour dans la journée , quel bonheur….
Notre bateau arrive avec près de 20 minutes de retard …
Nous embarquons, prudente je me mets sur l’un des rares bancs extérieurs disponibles , histoire de ne pas aggraver le mal de mer qui monte rien qu’à l’odeur de gasoil . Nous faisons quelques mètres, le moteur fait un drôle de bruit et … revient au port… la guigne .
On attend puis nous sommes invités poliment à débarquer , « for technical reason ». « Tu vois maman, ce n’est pas toujours nous qui avons des problèmes »me dit GG…indeed…
Nous repartons au guichet , faisons annuler le billet et en reprenons un autre sur l’autre compagnie…mais qui ne repartira de St Thomas qu’à 15:30…. ou sinon il faut traverser l’île pour récupérer la navette de 12:30. Bonnes perspectives de glande à gérer en vue avec les enfants levés super tôt …
Une fois arrivés, nous faisons les formalités pour nous rendre compte que finalement on aurait pu éviter tout cela la veille, suffisait de tomber sur la bonne personne …. j’en aurais pleuré …surtout que le bateau étant resté aux BVI, nous ne pouvons pas faire sa clearance et donc sommes condamnés à repasser le lendemain…quand on vous dit qu’on n’a pas de chance sur ce coup là ….
Nous décidons de prendre un taxi pour éviter trop d’attente, on discute du prix et montons à bord. Entre temps le chauffeur prendra 4 autres personnes (autant rentabiliser sa petite affaire) et on commence à sérieusement douter d’arriver à l’heure et louper le bateau ce qui serait franchement la cerise sur le gâteau …
Arrivée on time , le temps de prendre des hotdogs (que triple A appelle des bouledogues) et zou on repart ( non s’en s’être délestés de quelques dollars de plus, soi-disant pour le port). A ce tarif la , on va être vite à sec, plus de 500$ dépensés en une demie-journée pour …rien .
Le ferry fonce à toute allure et nous emmène à Supper Hole… euh, ce n’est pas trop ce qu’on avait prévu , manifestement on n’a pas bien lu les papiers… heureusement ce n’était qu’une halte pour déposer de la marchandise , on a eu chaud (au sens propre comme au figuré , nous sommes en plein soleil et ça tape).
Bien entendu nous devons re-remplir des papiers pour l’immigration, je sens que mes futurs rêves seront peuplés de numéros de passeport.
Les enfants réagissent bien, voire mieux que nous qui commençons à déprimer sec à l’idée de tout recommencer le lendemain et de squeezer Porto-Rico. La seule chose qu’on peut leur reprocher est de vouloir tout regarder , que ce soit le poste de douane avec prise des empreintes digitales ou reconnaissance oculaire, ils se font tout le temps rabrouer avec des « do not cross the line » peu amènes.
Au final, les ferries sont heureusement ultra rapides, gare aux porteurs de moumoutes !
Nous arrivons donc à Tortola pour récupérer le bateau , nous passons l’immigration et les douanes, sortons et en remettant les passeports dans la pochette, enfer et damnation, il n’y en a que 5…. bor€&9&’n et tout ce que vous imaginez… panique, nous repartons au poste de douane et immigration, personne n’a rien vu…
On défait le sac à dos et que ne voyons nous pas … le passeport de Numerobis au fond … ce qui fait que nous repassons les postes … en nous amusant quand même de voir que nous avons pu faire passer un passager clandestin tranquillement sans que personne ne s’en rende compte.
On récupère le bateau et fonçons vers St Thomas de manière à pouvoir accomplir rapidement nos formalités samedi…4 heures de nav tout de même à enquiller.
Le lendemain, le Capitaine part dès 8:00 pour expédier les formalités . Bien entendu, cela ne pouvait pas être aussi simple, la sainte famille doit être présente… généralement le « master » suffit. On arrive tous les 6, légèrement énervés pour s’entendre dire de repasser plus tard, un ferry vient d’arriver, ils sont débordés … on croit sentir que nous ne sommes pas prioritaires , le type de la douane était d’ailleurs tellement débordé qu’il jouait sur son téléphone. Y aurait il du foutage de g…. dans l’air? Nous tâchons de ne pas trop nous énerver et au bout d’une 1h, nous avons enfin le papier.
Nous filons avec Faka , direction Culebra, au large de Puerto Rico. Le temps nous est compté, nous visons d’arriver avant la fermeture des bureaux administratifs pour effectuer nos formalités d’entrée .
Nous lançons le geneker qui nous permet d’avancer à bonne allure et arrivons vers 14:30. Nous sortons l’annexe et nous voilà tous les 6 à la recherche de la douane.
Nous croisons une locale qui nous dit qu’il faut aller à l’aéroport , à 25 minutes …. gloups . L’île est encore sens dessus dessous, la dame me dit qu’à son sens, il n’y a pas d’obligation d’y aller.
Ok, nous repartons et faisons le point avec faka et fêtons l’anniversaire du grand moussaillon.
Le lendemain, nous nous préparons pour partir quand une annexe vient à notre rencontre. Dedans un homme nous demande d’où nous venons et si nous avons des infos sur St Martin. Son cata a beaucoup souffert pendant les cyclones, les deux moteurs sont HS et sa bôme cassée … nous ne pouvons pas trop le renseigner et à notre tour lui demandons son avis sur les étapes que nous avions prévues . Grâce à Neal , nous rectifions qq haltes. En continuant la conversation et en lui faisant part de la situation, il en vient à nous dire que nous n’avons pas le choix, nous devons faire la clearance. Il propose d’appeler les autorités et part chercher son téléphone sur son bateau (nous ne captons rien de notre côté ) en priant pour qu’on puisse avoir un peu de réseau .
Il revient, nous appelons et le douanier semble accepter de faire par téléphone les formalités , génial . Nous passons la demie heure suivante à parler et épeler toutes nos identités façon charlie alpha delta, c’est épuisant ! À la fin ,il me demande d’attendre un peu … reprend la ligne et me dit qu’on doit maintenant aller faire les formalités à l’aéroport 😳au secours , tout ça pour ça !
Et nous revoici repartis tous les 10, la zone pour amarrer les annexes est détruite, Niel nous recommande de faire très attention, sous l’eau c’est un cimetière à bateaux.
Arrivés à l’aéroport après une petite trotte ( désert puisqu’il semble que les avions n’aient pas encore repris les lignes ), la douanière nous attendait (bonne surprise, tout l’appel téléphonique n’était pas vain) mais nous informe qu’en raison des cyclones, le système informatique est Out, elle ne pourra pas imprimer notre cruising permit. Il faudra le récupérer dans le nord-est de Porto Rico, je vous donne dans le mille… c’est à l’opposé de notre projet.
Bon, franchement , on prend l’air embêté mais la décision va vite être prise de nous en passer et de tracer un peu la route, nous sommes attendus dans 15 jours à Cuba!
Dés retour sur le bateau , nous visons l’île de Vieques (non s’en avoir pris un petit apéritif avec Neal et sa femme pour les remercier ). 5 heures de nav malheureusement au moteur , pas beaucoup de vent.
Nous avons fait échange d’enfants , nous avons les filles et triple A. Nous mettons au cas où la ligne et avons la joie de l’entendre grelotter (oui grelotter car nous avons mis un petit grelot à la oui-oui histoire de ne pas passer la nav à trifouiller le fil pour savoir si « ça »a pris).
C’est Balthazar le thazard (d’après le guide des poissons ) de 45 cms…parfait pour le dîner avec les copains ! Sans compter que changer un peu du poulet surgelé ne nous fera pas de mal…
Le lendemain , navigation jusqu’à Puerto Castillas, l’endroit est d’une grande désolation, plus de pontons pour accoster, arbres décimés , pas d’électricité …avec mamafaka et MM nous partons en exploration, captain Faka nous ayant droppées en annexe sur la plage. Nous cherchons où poser nos poubelles et voyons trois femmes assises sur ce qui reste d’une terrasse. Nous leur demandons si elles savent où nous pourrions trouver un supermarché . Elles rigolent en nous répondant que c’est à 4 ou 5 kms … et ni une ni deux la plus âgée nous demande de l’attendre le temps pour elle d’aller chercher sa voiture !! Incroyable, nous sommes super touchées , elle nous explique sur le chemin qu’elle s’ennuie beaucoup, sa maison a été dévastée , elle n’a quasiment plus rien sachant que les assurances refusaient de couvrir le front de mer et que sans télévision , électricité et téléphone, les journées sont très longues . Nous arrivons au supermarché, bien achalandé à l’exception du frais quasiment inexistant et notre petite dame nous attend dans sa voiture .
En la remerciant , nous lui offrons une bouteille de vin, elle en est bouleversée et nous promet de la boire pour Noël en pensant à nous. Sa générosité nous aura en tout cas beaucoup touchées , God bless her!
Le lendemain, nous appelons les gardes-côtes de Puerto Rico pour les prévenir que nous allions changer de district, obligés de téléphoner avec l’iridium, il n’y a plus de lignes et accessoirement d’internet . La conversation coupe plusieurs fois, le satellite n’étant pas toujours bien calé et la conversation avec le douanier folklorique, tout est épelé en alphabet international et il me demande pas moins de 10 fois où nous sommes . Lui ayant répondu 10 fois également « Puerto Castillas » , il commence à s’énerver méchamment . De guerre lasse je lui épelle l’endroit et là il me répond ah « Puerto Castiiiiiiiiiiillas ». Euh, à l’accent et surtout l’intonation près, c’est ce que je me tuais à lui dire !
Nous repartons et essayons pour la première fois notre voile parasailor, impressionnante !
Arrivés à Salinas, qui était réputée pour ses restaurants et sa Marina, nous ne pouvons que constater que ce n’est plus qu’amas de tôles et de mâts, nous slalomons entre les épaves ….
Mercredi, nous visons l’île de la muerte (!), l’eau est enfin claire ( nous n’avons pas pu nous baigner depuis 5 jours, cela commence à nous manquer sérieusement ).
Le temps de nous poser, nous sommes envahis pas une myriade de moucherons , pas besoin de prévoir de viande pour le déjeuner, on éternue même moucherons ! Imaginez le dégoût de notre végétarien de Numerobis …
Les moucherons finissent par on ne sait quel miracle tous mourir (quoi que… nous sommes quand même sur l’île de la mort…) et nous laisser en paix. L’île est elle même dévastée, mais la baignade hautement appréciée!
Nous partons pour Ponce jeudi, l’idée est de pouvoir enfin avoir une connexion internet, l’iridium ne nous permettant que de recevoir deux fois par jour la météo et quelques mails sur l’adresse iridium. Seule contrainte, un minimum d’octet, le dernier mail que nous avons reçu contenait une photo insérée dans la signature, il nous a fallu 8 heures pour le charger… en gros sur cette adresse, il faut purger les historiques des messages si on ne veut pas mettre les nerfs du Capitaine en boule (sur les 8 heures, il fallait également se reconnecter toutes les 10 minutes )….
Arrivés sur Ponce, mitigés , nous nous trompons de port et arrivons au Yacht Club. Pas de problème, nous repartons et mouillons quelques centaines de mètres après au port de commerce. Même desolation, nous n’y resterons pas pour visiter et décidons de partir directement pour la République dominicaine à quelques 24 heures de nav.
Cette dernière nous fait prendre le canal de la Mona, qui peut être compliqué en raison de phénomènes météorologiques (le vent du Nord en cette saison) et au passage de fonds de 50 m à 3000 m! Notre fenêtre météo est bonne, la navigation se passe bien mais nous perdons beaucoup de temps à tirer des bords. Au cours d’un empannage nos lignes de pêches s’enroulent dans l’hélice du moteur tribord … il nous manquait notre dose quotidienne de scoumoune…
Nous finissons au moteur (bâbord bien sûr ) pour pouvoir arriver avant la fin de la nuit sur l’île de Saona et vérifier l’hélice.
Cette dernière a enroulé environ 8 mètres de ligne, nous allons y passer quasiment 3/4 heures à la défaire.
Je vous dit pas combien nous avons apprécié notre apéritif le soir venu!
Le lendemain, départ pour la Romana, histoire de faire les papiers d’immigration et accessoirement profiter d’une marina ayant la réputation d’apporter piscine, confort et …internet, on a beau dire, sans connexion depuis au moins 1 semaine, nous nous rendons compte que cela devient compliqué à gérer à tous points de vue, notamment Cned parlant. En effet, nous ne pouvons faire un grand nombre de matières du primaire type anglais, musique, et autres, les enfants commencent à accuser un certain retard et ne se précipitent pas pour le rattraper.
La navigation est parfaite, moyenne à 8 noeuds, mer plate.. que demande le peuple ?
À l’arrivée nous contactons la marina par vhf, ils nous envoient au bout d’un quart d’heure un dinghy qui nous demande de nous mettre sur le ponton en béton face à l’entrée. L’amarrage est sportif, les amarres sont tendues comme des slips, nous lui demandons si nous pouvons aller ailleurs, il n’y a même pas d’eau ni d’électricité. Il est embêté et nous envoie au mouillage à quelques mètres.
Puis, avec un grand sourire, une fois l’ancre posée, il nous informe que l’immigration passera et qu’après il faudra partir…. la marina est pleine, nous ne pouvons pas rester sur cet endroit privé …
Bon, on ne parlera plus de scoumoune , cela ferait redondant ….
Depuis 15 jours, nous sommes toujours branchés sur notre winch, qui lui ne l’est toujours pas…
Nous avons profité une dernière fois de la Guadeloupe et du site de plongée de Malendure. Avec Fakarever et I feel Fine, nous avons eu la chance d’explorer l’épave du Franjack. Superbe, bien conservée avec plein de cachettes et de recoins… même les toilettes sont encore présentes.
Lors du palier, j’ai eu la bonne idée de frôler avec la cuisse une bouée et me suis pris une décharge de coraux de feux, je l’ai bien senti passer celle-là.
Le lendemain, nous avons navigué jusqu’à St Barth, navigation d’une lenteur, mais d’une lenteur… on en a profité pour faire de longs quarts, et pour la première fois, j’ai vraiment senti que le capitaine dormait pendant que j’étais aux manettes… sinon, il est en mode suricate, à chaque bruit suspect (ce qui ne manque pas sur un bateau en nav…), il venait vérifier que tout allait bien. Faut dire qu’à moins de retirer le pilote automatique et foncer vers la terre, il n’y avait vraiment aucun danger. J’ai bien bouquiné pendant cette nuit, c’est l’avantage principal que j’y trouve, parce qu’au bout d’une demi-heure de méditation et d’introspection , j’ai tendance à piquer du nez donc autant veiller utile et agréable avec un bon bouquin !
Arrivés sur St-Barth, nous avons eu la joie de retrouver l’équipage d’Artémis, qui reste sur l’ile pour 1 an avant de repartir vers d’autres horizons. Les enfants sont aux anges, nous, un peu moins, la galère est totale avec le winch, il faut le commander et nous tombons sur la semaine de Thanksgiving, les US sont totalement injoignables. Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, l’ile, malgré les cyclones est restée très belle, une prison dorée !!
De plus, qui dit St Barth, dit… voile. Et là, notre petit équipage a eu beaucoup de chance et grâce à Artémis, a pu intégrer l’école de voile. Donc les mercredi et les samedi sont attendus avec impatience et nous servent efficacement en carotte lors des séances parfois houleuses de CNED.
Fakarever nous a rejoints en fin de semaine dernière, l’occasion de fêter avec eux les anniversaires du capitaine RV et de Madame Artémis, avec des langoustes, bien entendu. Nous les avons acheté à un pêcheur, trois fois la taille que nous pêchons habituellement… un festin !
Dimanche, nous sommes allés au Colombier, petite crique divine, qui s’est désertée le soir venu…parfait à une exception près… pas de wifi ni de réseau téléphonique…gr….
Retour à Gustavia lundi pour joindre les US et la France. Un grand merci à Antoine B. et de son aide efficace pour nous aider à trouver la pièce manquante. Les US semblent avoir également de quoi nous dépanner et envoyer la pièce sous 3 à 5 jours…. On attendra donc encore un peu. Heureusement il y a une petite bibliothèque en face de notre mouillage, si vous aviez vu la joie dans les yeux de GG et de Numérobis quand ils l’ont su !!
Bref, le stop allongé n’était pas prévu mais il apporte beaucoup d’avantages, nous ne savons pas où nous serons dans une semaine ou dans 15 jours, c’est aussi ça l’aventure !
il va falloir investir dans un écran un peu plus grand…no comment
je fonce sur tout ce qui bougetout va bien, merci!il parait qu’il est cramé le crumble….Autonomie de plus en en plus présenteseuls au monde….4 enfants, un pique nique, la paix royale à bord!
Arrivée sur Marie Galantecoucher de soleil en nav…magiqueau petit matin…6gone est à l’arrière planon avait dit « pas d’animaux sur le bateau »Avant que le winch ne nous lache« Plus haut, plus haut »Zut, c’est un barracuda…Qui s’y colle pour retirer l’hamecon?
Nouvelles fraiches,
La semaine dernière, nous avons migré vers la Guadeloupe, en évitant la Dominique qui a été durement touchée par Irma et Maria et n’est plus très safe pour les bateaux.
Arrivés aux Saintes au petit matin après 18 h de nav. nous en profitons pour retourner dans la petite crêperie que nous avions beaucoup appréciée, retour à pied pour bibi (histoire de digérer) et les deux derniers jusqu’au Pain de Sucre. En surveillant du coin de l’œil le bateau, nous apercevons « I feel Fine », occasion de se revoir, toujours avec plaisir. On se promet de se revoir « si Dieu veut ! ».
Nous filons ensuite vers Point-à-Pitre, pour une escale matériel de plongée, courses, ship et autres.
A quelques encablures de Point-à-Pitre, nous nous arrêtons au Gosier histoire de découvrir le marché nocturne et tous ses appels au péché de gourmandise.
Retour sur Marie-Galante avec beaucoup de joie malgré une nav. contre le vent bien désagréable, nous avons repris nos couleurs lavabo…
L’anse Canot est toujours aussi belle et sauvage, bien que… arrivés le vendredi en étant les seuls voiliers, le lendemain nous étions 4 ou 5, le monde attire le monde… Heureusement, dans ces nouveaux arrivants, il y avait Fakarever qui arrivait de Martinique après une bonne nav. de nuit… les jeux des 7 familles ont repris, valse des cabines, de paddles, etc. la Joie pour petits et grands ! A l’occasion du jeu qui consiste à monter en haut du mat, notre winch électrique nous lâche….. et zut, nous qui pensions en avoir fini avec les réparations… c’est le principe du bateau, on commence à comprendre, toujours une réparation ou un aménagement à faire. C’est embêtant car il va falloir hisser toute la toile à l’huile de coude. D’un autre coté, cela fera faire un peu de sport au capitaine…
Départ lundi pour Petite Terre dont Fakarever nous vante le coté « Tobago Cays ».Nous partons tous, malheureusement les conditions météo ne sont pas optimum et la houle trop forte pour aborder les passes… tant pis, ce sera pour le prochain voyage 😉
Nous nous arrêtons à St-François, dans le lagon, bien joli mais pas grand-chose à voir sous l’eau. Nous sommes attristés à la vue des bateaux échoués que nous croisons à l’occasion de toutes ces escales, il reste des marques des passages cycloniques. Elles sont également présentes dans la couverture Internet qui nous donne bien des soucis pour le CNED.
Le lendemain, nous devons repartir pour Point-à-Pitre pour trouver quelqu’un qui pourrait nous aider pour le winch. Nous profitons d’être vent arrière pour sortir le Genaker. Malgré la bonne volonté de Greatwine, l’enrouleur est fixé à l’envers. Je ne visualise pas bien le problème mais à la tête du capitaine, j’opte pour le profil bas.
Après tout un sketch à l’avant du bateau, pendu au-dessus de l’eau pour remettre le bout dans l’emmagasineur, le capitaine parvient à le remettre dans le bon sens, il me dit de choquer le génois, ce que je fais de bon cœur mais en oubliant qu’il faut retenir le bout pour éviter de péter la voile, …
« c’est comme ça qu’on déchire une voile et casse le matériel » m’informe posément le capitaine… bon, je vais faire la cuisine, cela devrait faire moins de dégâts…
Le type de Point-à-Pitre ne peut rien pour nous, il n’a pas de pièces, il faut aller voir sur Antigua, ou St Barth, ou st Martin,… bref on n’est pas plus avancés.
On rejoint Fakarever au Gosier et prenons chez eux un petit apéro histoire de se remonter le moral.
Au moment de repartir, nous sommes les 5 dans l’annexe, le capitaine nous rejoint et là…. Un grand saut dans le vide, plutôt l’eau ! Evidemment avec 2 (c’est mieux qu’un) téléphones dans les poches et en se coupant le coude. Quand ce n’est pas la bonne journée, inutile d’insister…
On se couche après un rapide pansement, et le lendemain la vue du sang sur les draps me fait un peu culpabiliser sur le soin express prodigué… on regarde d’un peu plus près, le capitaine s’allonge dare dare avant de nous faire une compote … j’ai en tête les pieds de porc qui nous servaient à nous entrainer à faire des sutures lors de la préparation du voyage. L’entaille est assez profonde, on « stripe » le tout et croisons les doigts pour ne pas avoir à sortir l’agrafeuse !
Entre temps, Triple A reconnait qu’au moment du naufrage, il avait mis la marche arrière. .. le Ti’punch n’est pas seul coupable ! Quelle idée aussi de lui laisser la barre…
Le lendemain, départ pour le nord côté Caraïbes de la Guadeloupe…et là, où l’urgence de réparer le winch m’apparaissait quelque peu exagérée, devient PRIORITAIRE étant donné que c’est moi qui me suis coltinée de hisser la grand-voile, le capitaine étant handicapé et l’équipage encore endormi…10 bonnes minutes, déjà qu’il fait lourd… trempée avant même de commencer la journée !
En arrivant sur Malendure, nous voyons un unique catamaran mouiller (hallucinant quand on pense que 3 mois plus tôt, les places étaient rares), c’est « I feel Fine », finalement Dieu a bien voulu qu’on se revoit !
Pour la suite, nous allons donc sans tarder migrer au nord pour essayer de réparer le winch, notre itinéraire change constamment, vive l’adaptabilité et la souplesse !