Grenadines: tempête et mésaventures 

Mardi 15 Août, nous entamons-enfin- notre descente vers le sud, statistiquement moins touché par les tempêtes et les cyclones.Première halte à Ste-Lucie, Rodney Bay que nous avions visité il y a déjà trois mois.

À mon retour de snorkeling , je vois les enfants jouer avec de nouveaux amis …américains . Les dialogues entre eux valaient leur pesant de cacahuète, toutes les 5 secondes : »maman, comment on dit « triple salto arrière  » euh… », ou « les filles poussent les garçons « ? Ils s’amusent comme des fous et ça les débloque complètement par rapport à la langue, amusant à voir.

En fin d’après midi, nous apercevons l’équipage de Moana, occasion de prendre un pot ensemble… la transhumance commence bien!

Nous savons qu’une tempête tropicale s’annonce pour la fin de semaine, quelle stratégie adopter ? Soit nous restons à la marina de Ste Lucie, soit nous tâchons de passer au sud de la tempête et mettons le cap sur Bequia. Après de longues heures passées sur les fichiers météo et autres sources , quelques insomnies du capitaine, décision est prise de passer au sud, mercredi halte aux deux pitons et jeudi, la nav devrait être assez longue, on partira tôt.

Jeudi, lever 5:30, l’avenir appartient sûrement à ceux qui se lèvent tôt mais ca pique quand même.

Nous mettons la cane à pêche venant de Phileas en transit sur le bateau que nos amis récupéreront en octobre, histoire de voir si ca vaut vraiment le coup d’investir, ainsi que la traîne.

Concours est lancé entre Greatwine et les filles, qui gagnera?

C’est la cane qui siffle la première …

Greatwine remonte un poisson, nous cherchons vite notre livre sur les poissons caraibeens: nous comptons les nageoires, les dents, impossible de déterminer si c’est un thazard ou un barracuda. La distinction est cruciale, l’un est touché par la ciguatera, l’autre pas.

De nature optimiste, j’opte pour le thazard (mais lance néanmoins un appel Facebook) et le prépare rapidement, l’odeur et les traces sur le pont étant assez prégnantes et chacun connaît mon sens de l’ordre…

Les filets au frigo, le Capitaine nous demande de rentrer la traîne , en raison de multiples casiers. En la remontant, nous nous rendons compte que la traîne avait une magnifique dorade coryphene à son bout.

Nous la remontons avec moultes précautions, la dernière nous ayant échappé au dernier moment, nous sommes généreux en rhum, à 59°, cela devrait assommer un mammouth.

1,10 m! en gros elle dépasse triple A en taille et sans doute en poids.

Le sang coule ( cela étonne et dégoûte les enfants) et moi je me demande par où commencer le dépeçage, l’odeur est forte, très forte , la bête assez grosse et mes couteaux de cuisine …modestes!
Une fois la bête décapitée, nous nous rendons compte que la dorade était une maman pleine d’oeufs, imaginez les têtes désespérées de nos deux derniers quand ils ont réalisé.

J’ai pu lever quelques filets mais c’était une véritable boucherie (…), vive le seau!

Mon admiration est grandissante pour les poissonniers et elle est sans borne pour les maîtres sushis japonais( je comprends mieux pourquoi leur couteaux sont aussi bons).

Entre temps, nos amis facebk sont très efficaces et votent pour le barracuda, moins touché par la gratte au sud de la Martinique… à nous de voir si on le garde.

Arrivés à Bequia, des boys boats nous aident à nous amarrer à une bouée que je me suis empressée de vérifier. Un des boys est prêt à récupérer le barracuda, pour lui, pas de danger…
Snorkeling de décompression de mon côté , jamais vu autant de langoustes de ma vie et surtout aussi grosses…Vivement la fin de la tempête pour aller les saluer dignement.

Vendredi matin, je me réveille et constate que finalement la nuit n’a pas été si impressionnante , j’ai bien dormi, merci! Bon, le Capitaine un peu moins mais je commence à me rendre compte qu’il dort vraiment très peu , question de nature sans doute … Je rassure des bateaux amis qui nous suivent.

En fait , le gros est arrivé entre 8h et 12h… et franchement ça tapait sévère ! Orages et éclairs impressionnants, comme un feu d’artifice au-dessus de nos têtes …

La mer, turquoise à notre arrivée la veille, est devenue, avec tous les torrents de boue et d’égouts, marron pas très folichon…

Les rondins flottants autour de nous et la journée passée enfermés nous ont fait penser très fortement à la crue de la Seine l’an dernier…souvenirs, souvenirs ! Les enfants ont eu leur dose de travail de vacances, dessins animés, crapettes et jungle speed.

Amusant également de constater que nos bateaux voisins faisaient également exactement de même de leur côté !

Première tempête tropicale,  Harvey de son petit nom passée ! Au suivant …
Nous passons deux jours agréables à Elizabeth bay, faisons un trip jusqu’au fort local.

Départ pour Canouan dimanche, petite baie tranquille . Lundi matin nous migrons pour Charleston , capitale locale. Nous partons à pied pour traverser l île et nous baigner dans la piscine naturelle protégée par la barrière de corail. Endroit fabuleux et totalement désert.

Au retour, après une séance de salon de coiffure improvisée sur le pont, nous décidons d’aller à Mayreau. Salt Whithle bay est notre première étape , endroit paradisiaque, bordé de cocotiers.  Golden Girl sympathise vite avec une petite fille de son âge et de notre côté nous nous entendons avec le boy boat à propos du diner. Nous demandons des langoustes; il nous explique que ce n’est plus de Saison , se renseigne. il revient et nous dit qu’il nous livrera sur le bateau a 18:00, pour éviter d’avoir des problèmes , la pêche à la langouste étant interdite en ce moment.

18:00 passe , 18:30, puis 19:00… on se laisse 19:30, avant de lancer le diner, les enfants commencent à avoir les crocs.
Nous dînons tranquillement quand à 20:00 une barque s’approche avec le diner… nous expliquons que c’est trop tard pour nous , le ton manque et vla t’y pas que le gars commence à s’échauffer et à nous menacer de saborder le bateau.

De rage il essaie de choper notre réserve d’essence de l’annexe, n’y arrive pas et balance à l’eau le contenu de la boîte contenant toutes nos chaussures ….

Il n’en faut pas plus pour nous chauffer pour de bon .

Je le traite de fu€ »# bast#%^* et plonge (en petite , toute petite tenue) récupérer les chaussures. On a le sens des priorités qu’on peut… Retour au bateau , le Capitaine joue au memory, enfer, il en manque deux.

Je repars, aidée par le bateau d’à côté qui n’a rien capté de nos malheurs mais à bien voulu m’éclairer , et retrouve les deux tongs manquantes. On décide de se tailler vite fait, on met 1 h avant de mouiller dans l’anse suivante .

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Cane: 1
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recherche de l’espece du poisson (à peine dégouté)
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par où on commence?
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plus grande que moi…
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…et presque aussi grande que moi
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au rayon boucherie…
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le temps que la tempete finisse de rouspeter
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promenade post tempete

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quiétude totale… ou presque!

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quand on dit qu’on est seuls au monde…
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elle était pourtant sympa cette plage…à quelques pirates près

urieux , tremblants et dégoutés par cette triste aventure dans laquelle personne ne sort gagnant .

Non mais à l’eau quoi 😶

4 réflexions sur “Grenadines: tempête et mésaventures 

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