Belle escale à niouquoi? Niué!

L’aventure polynésienne prend fin début juin avec l’anniversaire du capitaine.

Le temps est venu de dire au revoir à nos amis. Quoi de mieux que le lagon de Bora pour se quitter ?

Après deux soirées ludiques (comprendre Times’upesques), arrosées au Champagne et au vieux rhum de Julien , nous sommes prêts à partir.

Une chose est sûre, ce n’était qu’un au revoir. On retrouvera Lotus sans doute en Nouvelle-Zélande, Zingaya sur les plages normandes sans oublier nos voisins de Fakarever ici (ah ah) ou ailleurs.

Une dernière sortie en dérivante dans le lagon de Bora est organisée, les raies nous offriront un joli ballet d’adieu…

Nous partons enfin, en passant quand même déposer la robe (puis le slip histoire de faire durer le plaisir) oubliés par Violette sur le bateau!

Le vent s’annonçait guilleret, il a fait flop à peine sortis du lagon… 24 h avec un vent à 5 noeuds, je vous laisse imaginer la déprime à bord. Heureusement , progressivement le vent s’établira autour de 15 noeuds, le parasailor a été notre ami pendant quasiment toute la navigation, parfait ? Oui, à un détail près, la houle de travers qui nous mettait le cœur au bord des lèvres, cela aurait été trop facile.

Les habitudes de traversée sont vite reprises, on apprécie la présence des enfants qui assurent les premiers quarts, voire en abusent , entre la musique et les séries, le temps passe beaucoup plus rapidement.

Avec le capitaine, on se relaie le restant des nuits, la lune sera une belle compagne qui nous éclairera , seuls quelques grains viendront s’immiscer et une tempête sera évitée par le capitaine grâce au radar.

Ce dernier étant bizarrement toujours éteint quand je prenais mon quart… message subliminal pour m’encourager à rester éveillée? En fait je mets un minuteur sur 10’ minutes…m’endors… bip bip…coup d’œil circulaire…me rendors et limite récupère mon rêve …bip bip..

Ce qui fait que les enfants voire le capitaine, ressentent le besoin régulier de tester ma fiabilité et sont persuadés que je ne fais que dormir pendant mes quarts…Forcément la probabilité de tomber pendant mes phases d’éveil sont à peu près nulles.

Niveau poisson, une belle dorade se fera la malle, dommage mais l’idée de jouer à la bouchère avec cette houle ne me tentait pas plus que ça.

En arrivant à proximité de Niué, il semblerait (5 témoins l’attestent) que nous ayons croisé une baleine… ne peux me prononcer, je n’ai rien vu et suis un poil vexée. Cela fera de l’animation car au niveau bateaux, on n’en a croisé aucun!

Nous voilà donc à l’approche de Niué pour une jolie escale de 3 jours. De loin on dirait une crêpe culminant difficilement à 45 mètres, ou plutôt un pancake, n’oublions pas que nous entrons dans la partie anglo-saxonne du Pacifique.

La navigation aura quand même duré 9 jours, sachant qu’on a fait durer le plaisir jusqu’au bout en faisant des ronds dans l’eau devant l’île la dernière nuit, ne voulant pas tenter le diable sur l’arrivée rocailleuse. Quand on aime… on compte un peu quand même surtout les enfants mais on ne joue pas sur la sécurité !

En fait les bouées posées par le Yacht club (le plus petit au monde ) sont sécurisées et l’arrivée de nuit y aurait pu être envisagée.

Il n’y a que ce mouillage qui est autorisé avec une quinzaine de bouées (quand l’ARC passe, l’accès à Niué est tout simplement refusé, faute de places !), on a donc eu de la chance de passer juste après la flottille. Ce qui fait d’ailleurs que nous étions le 45ème bateau de la saison.. autant dire que ça ne se bouscule pas au portillon. D’ailleurs nous n’étions que 3 ou 4 bateaux au mouillage . En revanche les dauphins sont bien présents , une trentaine au moins nagent autour du bateau au mouillage, magique.

Il est interdit de laisser l’annexe sur le quai, obligation de la treuiller et la déposer sur un parking… opération Rock & Roll quand on n’équilibre pas bien les masses et que l’embarcation se retourne sous le poids du moteur!

Nous sommes arrivés un samedi , soit en overtime pour les autorités que nous contactons par VHF. Ils nous donnent rv sur le quai . Un seul officier nous attendait, tout a été expédié en qq minutes! Il a eu la gentillesse en plus de nous déposer au Yacht Club en voiture. Nous en profitons pour déposer pas peu fiers, notre petite poubelle de 30 litres pour 9 jours, un record ! Nous portons particulièrement attention à ne pas abuser du plastique et autres pollueurs de mers et de terre. En plus, on a moins l’impression d’arriver en tant qu’invités dans des endroits fabuleux et d’apporter en cadeau plastique, conserves et autres déchets sympathiques .

Les bouées sont peu chères, à 20$NZ… mais pour cela encore faut-il trouver un moyen de les régler! Pas de distributeur dans l’île et la banque n’est pas ouverte le week-end évidemment. L’agence de location de voiture acceptera de passer la transaction sur une somme plus importante et nous rendra le surplus en monnaie. Ouf, nous allons pouvoir déjeuner et prendre connaissance de nos emails.

Le tour de l’île est chouette mais nos vertèbres ont vite regretté de ne pas avoir pris une voiture avec suspensions, des ornières et des nids de poule tous les 2 mètres …fatiguant surtout que la conduite se fait à gauche, les réflexes de Monsieur sont mises à rudes épreuves mais il s’en sort parfaitement .

Les fonds sont réputés pour être les plus clairs au monde et visibles à plus de 100 m, je confirme à 100%, impressionnant. Ce qui est également le cas de la prolifération de méduses aux filaments baladeurs et invisibles à l’œil nu. Moi qui était trop contente de me baigner après 9 jours de nav, suis rentrée dare dare au bateau, à la grande surprise de l’équipage pensant avoir 45 minutes de liberté devant lui. Heureusement l’antihistaminique a fait effet relativement vite, mais les deux heures sont restées éprouvantes. Comme dit charitablement Numerobis à propos de l’acné de son aîné, on pouvait lire en braille sur tout mon corps (je nage manifestement la bouche bien ouverte, j’en avais plein les gencives !).

L’attrait de Niué se situe principalement sur les côtes et son relief volcanique : plein de grottes (« caves » en anglais, le capitaine salivait à l’idée de remplir les cales de bouteilles, bonjour la cruelle déception!!) et de piscines naturelles formées dans la roche bien coupante… Numerobis y a laissé ses tongs et se souviendra longtemps d’un retour de treck.

Les randonnées pour les atteindre sont bien balisées et relativement courtes, parfait pour dégourdir les papattes et se rafraîchir (l’eau nous semble glaciale).

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Entre l’anglais, le resto indien (grande première pour les enfants qui ont adoré), la conduite à gauche et les produits NZ, on a l’impression d’aborder un nouveau virage dans le voyage, et ce n’est pas pour nous déplaire que nous quittons nos repères franco-polynésiens.

Bref, ce fut une escale bienvenue bien que pluvieuse , et appréciée, transition parfaite pour les Tonga.

Numerobis me charge en bon caliméro que lui aussi a fait le saut de l'ange mais que sa maman n'a pas sû saisir l'instant...

 

 

Liste de lectures

Pendant les nav, nous avons du temps, beaucoup de temps. L’occasion de se plonger dans les livres classiques jamais lus (Anna Karenine par exemple) ou de suivre les conseils avisés des bateaux copains ou des forums facebook (club des incorrigibles lescteurs pour ne pas le citer).

Je vous mets donc ci-dessous mes coups de cœur et découvertes . Pour les plus sympas d’entre vous, je peux envoyer le fichier ePub en message privé mais chut .

  • Joseph Kessel: les mains du miracle: ai trouvé passionnant autant qu’ahurissant cette histoire vraie du « Kiné » de Himmler qui permit grâce à son art de sauver de nombreuses personnes. A recommander chaleureusement.
  •  Gaëlle Nohant: la part des flammes : roman historique sur l’incendie du bazar de la charité . Écriture très agréable.
  • Jeffrey Archer: le sentier de la gloire: historique sur le premier britannique a tenter l’Everest, très intéressant, pleins d’aventures. Il a écrit plusieurs sagas que nous avons eu du mal à lâcher avec le capitaine (oui, j’ai bien dit le capitaine ). La Série des Clifton qui commence avec « seul l’avenir nous le dira ». La série des Kane et Abel. Le recueil de nouvelles est très agréable à lire également en français ou mieux encore en anglais, très facile à lire.
  • Ken Follet: partie historique évidement avec les piliers de la terre et le siècle . Les romans d’espionnages sont excellents également.
  • Andrea A Japp : – romans policiers qui se passent au moyen âge: rend accessible cette période à travers des romans policiers . Très érudit , permet d’apprendre l’origine de très nombreux mots/ expressions françaises ( Druon de Brevaux). -Policier/psychologique : a développé une personnage touchant et intriguant avec la série qui commence par « le sacrifice du papillon » .
  • Tamara MacInley: La dernière valse de Mathilda entre autres. Pour les amateurs d’Australie. Faciles à lire.
  • Sara Lark. sur les pionniers neo-zelandais, coté femmes. Historique. Saga avec le pays du nuage blanc en trois tomes.
  • Marie Laberge: Gabrielle -Florent- Adelaide. Saga en trois tomes qui se passe au Canada. Le premier est un peu long à la détente mais on s’attache vite aux personnages et difficile de s’en détacher ensuite !
  • Amanda Sthers : Terres saintes  style qui change, agréable à lire , amateur d’humour juif foncez !
  • Emmanuel Carrère: d’autres vies que la mienne. Autant ses autres livres m’horripilent parfois par le côté nombrilesque, à croire qu’il ne sait conjuguer qu’à la première personne du singulier, autant il se montre bcp plus attachant et humble dans celui-ci. N’ai pas pu retenir les larmes à la fin.
  •  Raphaelle Bacque: Richie. Drôle de type qui est décrit (Ricahrd Descoins), peu sympathique à mes yeux, l’auteur nous plonge dans le milieu boboesque de sciences po, très bien écrit et très instructif.
  • Antonio Garrido: Le lecteur de cadavres. Le thème est déroutant et peu attirant d’un premier abord mais on se laisse vite attachés à ce jeune chinois et on le suit avec délectation dans ses mésaventures .
  •  JC Rufin : Rouge Brésil pour les amateurs de romans d’aventures historique , se lit d’une traite. Aventure de deux jeunes mousses qui débarquent au Brésil.
  • J. Fergus: 1000 femmes blanches : roman inclassable qui se passe à la fin du 19eme dans une communauté indienne (d’Amérique). Surprenant et saisissant.
  • Isabelle Autissier: Soudain seuls. Le pire de nos cauchemars de voileux tourdumondistes! Se lit très facilement, style spécial, vous ne verrez plus les manchots de la même manière …!
  •  Elizabeth Gaskell: Nord et sud.  un roman romantique typiquement british, assez proche de Jane Austen.
  • Donato Carrisi: l’écorchée. Thriller italien, pour amateur de sueurs froides
  • Hermine de Clermont Tonnerre: Le dernier des nôtres:  historique , se lit facilement, arrive à surprendre malgré le thème attendu (nazisme).
  • Pierre Lemaitre: au revoir là-haut et sa suite couleur de l’incendie: top!

Je ne vous ai mis que les coups de coeur, à compléter par vos soins, toutes les bonnes idées seront bienvenues, nous avons de longues navigations devant nous (Nouvelle Calédonie, Australie, NZ!).!